Spiritualité

Ce Dieu auquel je crois

La foi, ce petit quelque chose, si fragile et si fort.

Croire en Dieu

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours prié. En tout cas, si l’on considère que prier est le simple fait de s’adresser à Dieu. Je n’ai pas été enseigné dans une quelconque religion. J’ai été baptisé enfant car c’était la volonté de ma mère mais ensuite, mes parents ne m’ont rien imposé.

Du côté de mon père, c’était compliqué. Mon grand-père a lutté contre le régime espagnol de Franco, soutenu à l’époque par l’église catholique. Sa famille avait été fusillée et en représailles, il s’était engagé dans la guérilla anti-franquiste. Il avait incendié plusieurs églises et gardait une franche amertume à l’égard de toute forme de religion. C’était un grand bonhomme à la fière allure, toujours surplombée d’un Panama, et fumant de gros Havanes. Son regard taquin s’assombrissait soudainement quand il évoquait ses souvenirs de guerre.

Mon enfance a donc été bercée d’un côté par un athéisme revendiqué et militant et de l’autre par un catholicisme plus superstitieux que religieux. Au milieu de tout cela, je crois que je me suis forgé ma propre idée de Dieu.

Ce Dieu auquel je crois 1

Je me souviens que tout petit, je priais sur le chemin de l’école. Je n’avais pas de prière tout faite. Ma grand-mère maternelle avait bien tenté de m’apprendre le Notre Père mais elle s’était résignée face à mon manque d’intérêt.

Je réalise avec le temps que mon fonctionnement d’autodidacte a également guidé ma relation avec Dieu. Pour revenir rapidement là-dessus, disons que j’ai toujours aimé apprendre de nouvelles choses, mais rarement dans un cadre scolaire. J’ai appris l’électronique et l’informatique tout seul, j’ai lu des ouvrages de philosophie, mais dès que cela entrait dans un encadrement scolaire, soudainement je n’étais plus intéressé. L’apprentissage perdait sa saveur.

De la même façon, la religion ne m’intéressait pas. Les prières toutes faites et la liturgie m’ennuyaient. Alors je priais en parlant à Dieu avec mes mots d’enfant. De façon instinctive.

J’habitais une maison dont un couloir et une pièce appartenait à la commune. Les enfants du village venaient y suivre le catéchisme le mercredi matin alors que je me levais à peine de mon lit. J’avais du mal à associer mon image de Dieu à tous ces rites insipides à mes yeux — je parle là de mon regard d’enfant, je ne veux froisser personne.

Si Dieu existait …

Et puis le temps est passé.

L’insouciance de l’enfance a fait place aux insolentes contradictions de l’adolescence. Dieu était toujours là, dans un recoin de ma vie, comme une issue de secours ou un refuge en cas de difficulté.

Ce Dieu auquel je crois 2

Avec l’adolescence se développe aussi l’éveil de la conscience. La vraie. Celle qui commence à distinguer ce qui est moral, ce qui est bien et ce qui ne l’est pas.

Quand beaucoup proclament que si Dieu était réel, le mal n’existerait pas, je pense au contraire que cette loi morale écrite dans le coeur même de l’enfant prouve l’existence de Dieu.

Cet éveil de la conscience a fait grandir une culpabilité sourde au fil des années dans mon coeur. La relation simple que j’entretenais avec Dieu est devenue plus compliquée; mes désirs coupables sont venus corrompre le lien que j’avais avec Dieu. Mes erreurs, mes faux-pas, mes mauvaises actions — ce que la Bible appelle le péché — m’ont séparé de Dieu. Je n’osais plus lui parler parce que je ne m’en sentais pas digne.

Et il y a eu ces questions que nous nous sommes tous déjà posés une fois. Quel genre de Dieu laisse les enfants mourir de faim et les gens biens tomber malades et mourir. Comment un Dieu aimant peut-il laisser l’injustice régner dans un monde qu’il aurait lui-même créé ? Comment peut-il sembler parfois si présent dans nos sociétés occidentales et si peu préoccupé par le sort des pays moins développés ?

La foi innocente de l’adolescent que j’étais était confrontée à des questions trop grandes. J’étais désillusionné.

Et dès lors, peu à peu, j’ai commencé à me déclarer athée. J’étais loin d’être totalement convaincu mais cela me soulageait.

Un événement est venu bouleverser ma petite existence. Mes parents, qui étaient considérés comme un exemple par la famille et leurs amis, se sont séparés. Ce fut un choc. Mon père a sombré dans l’alcoolisme et je suis resté seul avec lui. De mon côté, je séchais les cours et me réfugiais dans la musique et le sport.

Le chaos est parfois nécessaire pour rétablir l’ordre. Notre univers entier, si bien ordonné, est né du chaos. Il est régi par un ensemble de lois physiques qui favorisent la vie sur notre planète. Mais tout cela est né du chaos. De même, nos vies bien rangées sont parfois redéfinies par un élément perturbateur qui provoque le chaos, donnant naissance à un nouveau paradigme. Et comme la vie continue, l’ordre reprend le contrôle dans un nouveau système.

La perte d’un être cher, une séparation, un accident sont des éléments de chaos qui auront un impact sur nos croyances et notre identité. Certaines personnes sont en quête de spirituel après avoir frôlé la mort alors que d’autres rejettent Dieu à cause d’une souffrance.

Et si Dieu existait ?

Ce Dieu auquel je crois 3

C’est dans ces circonstances difficiles que Dieu s’est révélé à moi d’une façon toute nouvelle. Mon père, alors profondément athée, s’est mis à fréquenter une église de type protestante. Son comportement et son langage ont changé au fil des semaines. Il a arrêté de boire du jour au lendemain. Et il m’a parlé de sa foi, sans rien m’imposer.

Un soir, la veille d’un examen scolaire, j’ai décidé de prier à nouveau. Cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps et pourtant cela est revenu de façon naturelle.

“Hey Dieu, c’est moi. Je sais, ça fait longtemps …”

J’ai simplement demandé à Dieu de m’aider au cours de cet examen. J’avais loupé un trimestre entier et mes chances de réussite étaient nulles.

Pourtant, j’ai eu cet examen. Au point près. Pile la moyenne. C’était pour moi la signature de Dieu. Une manifestation divine dans mon quotidien banal. Un coup de pouce cosmique. Wow !

Si j’ai parlé à Dieu depuis l’enfance, je n’avais aucune connaissance religieuse. Je ne savais pas qui était Jésus par exemple. Je savais que l’homme peu avenant que je voyais sur les crucifix de ma grand-mère s’appelait Jésus. Par contre, je n’avais aucune idée qu’il puisse être Dieu et de ce qu’il faisait sur la croix.

Aussi, j’ai commencé à lire la Bible et j’ai fréquenté l’église où mon père allait. Je n’y comprenais rien. Le néophyte que j’étais était complètement largué face à ces célébrations pas tout à fait conçues pour le petit gars que j’étais. Les gens étaient accueillants mais tout cela était trop nouveau pour moi.

Lentement, je me suis rendu compte que le Dieu dont tout le monde parlait était le même Dieu que j’avais connu enfant. Cette évidence résonnait en moi. Un soir, je me suis assis au pied de mon lit et j’ai commencé à prier. Je n’ai pas spécialement parlé. Mais je cherchais Dieu.

Comment cela fonctionnait-il ? Fallait-il que je prie d’une façon particulière ? Y avait-il une priorité de choses à faire ou à demander ? Je me suis souvenu de mes prières d’enfant. J’ai arrêté d’intellectualiser. À un moment précis, alors que j’avais les yeux fermés, j’ai eu conscience de Dieu.

Je ne peux pas expliquer ce ressenti mais Dieu était là. Tout près de moi. Je n’ai pas entendu de voix, je n’ai pas eu d’apparition étrange, mais simplement la conviction profonde dans mon coeur que Dieu existait et qu’Il se tenait précisément à mes côtés à ce moment-là.

Rapidement, cet instant a eu un goût doux-amer. La culpabilité dont je parlais plus haut m’est revenue. La honte aussi. J’ai assimilé le péché et ce qu’il provoquait en moi. Le péché n’est pas compatible avec la sainteté de Dieu. Et tout ce que je n’avais pas compris à l’église jusqu’alors m’est revenu.

J’ai compris que Dieu ne souhaitait pas me condamner. Je n’étais pas face à un Dieu courroucé, en train de me rappeler à quel point ma jeune vie était un fiasco. Au contraire, j’ai compris qu’il s’était totalement abandonné pour recevoir la condamnation du péché à ma place. Jésus a porté le poids de mes fautes, de mes erreurs, de mon refus de Dieu. Quiconque accepte cette réalité peut développer une communion avec Dieu et l’assurance d’être à ses côtés pour l’éternité.

C’est armé de cette assurance, et soulagé de ma culpabilité, que je me suis relevé quelques minutes plus tard dans ma chambre.

Crise de foi

J’aimerais vous dire que ma foi est invariable, inébranlable, que ma relation avec Dieu est sans heurt et file comme un long fleuve tranquille. Pour certains, c’est le cas. Ca n’a pas été le mien.

Ce Dieu auquel je crois 4

Je n’ai jamais remis l’existence de Dieu en question. C’est ancré dans mon coeur pour toujours. Cependant, j’avoue en avoir voulu à Dieu. Je lui en ai voulu de m’avoir créé de cette façon. Il y a des choses que j’ai fait au cours de mon existence et dont je ne suis pas fier. Nous trainons tous nos casseroles. J’ai les miennes.

Certaines souffrances, certaines attitudes m’ont amené à m’éloigner de Dieu. Peu à peu. Sans que je m’en rende compte. J’allais à l’église et je m’y comportais comme un chrétien, mais quelque chose en moi était brisé.

En fait, ma conception de Dieu avait changé, déformée à cause d’événements extérieurs et de mes propres agissements. Encore une fois, ces quelques mots ont pris l’ascendant : “pourquoi ne fait-il rien ?

La réalité, c’est que l’état de notre monde, ou l’état de mon propre coeur, n’ont rien à voir avec l’action ou le manque d’action de Dieu. C’est plutôt une conséquence directe de notre choix de repousser Dieu de nos vies.

Quoique l’on puisse penser de lui, que l’on soit croyant, athée, agnostique ou complètement paumé, le meilleur ou le pire, Dieu cherche le contact avec nous. Il se manifeste de différentes façons. S’il ne parle pas de façon audible à la plupart d’entre nous, il le fait de façon distincte. Il est là.

Vous vous souvenez de la notion du chaos que j’évoquais plus haut ? L’ordre nait du chaos. En fait, je crois profondément que Dieu se sert du chaos (il ne le provoque pas toujours pour autant, nous en sommes souvent les principaux responsables) pour rétablir le meilleur. La vie reprend toujours ses droits sur les plus gros cataclysmes. De la même manière, dans le chaos de nos vies, Dieu se manifeste pour rétablir le meilleur.

J’ai vécu un chaos abominable ces dernières années. Dieu n’en était pas la cause. Moi seul. Est-ce que j’ai levé le poing contre Dieu ? À ma honte, oui. Mais au sein de cette détresse, il était près de moi. Il m’a rapproché de lui.

“Un des plus grands paradoxes de vos sens physiques est que vos yeux vous montrent ce que vous croyez, pas ce que vous voyez.”

Mike Dooley

J’ai renouvelé ma relation personnelle avec Dieu et je le connais beaucoup mieux aujourd’hui. Du chaos est née la paix. De la détresse a surgit la joie.

Peut-être êtes-vous éloigné de Dieu ? Peut-être que vous lui en voulez, que vous ne savez plus trop où vous en êtes ? Dîtes-le lui. Peut-être encore que vous doutez de lui ou que vous êtes persuadé qu’il n’existe pas. Dans ce cas, je vous recommande la prière de l’athée :

“Dieu, prouve-moi que tu existes.”

Ok, ça n’est pas très élaboré je l’avoue, mais ça suffira. Soyez attentif. Il vient souvent sur la pointe des pieds.

Quant à moi, quand je ne sais plus où j’en suis ou qui est Dieu, j’essaie simplement de me souvenir de celui à qui je parlais, enfant, sur le chemin de l’école. Lui n’a pas changé depuis ce jour, il me regarde toujours avec tendresse …

Ecrit par Stéphane Torregrosa
Stéphane Torregrosa convertit vos défis marketing en opportunités avec des résultats mesurables. Il est consultant en Webmarketing, spécialisé en Inbound Marketing, conseiller en communication, blogueur et conférencier. Il vous accompagne dans la mise en place de votre stratégie Web, dans la création de contenu, pour donner de la visibilité à votre organisation. En ligne depuis 1996 et la distribution des premiers CD AOL dans les magazines informatiques, il ne s'est jamais vraiment déconnecté depuis ! Son papa lui a communiqué la passion des Comics Book, du dessin et de la photographie. Profile
Dieu et le temps

Dieu prend son temps …

Stéphane Torregrosa dans Spiritualité
  ·   2 min de lecture

4 Réponses à “Ce Dieu auquel je crois”

  1. Je vois cet article seulement maintenant. Superbe témoignage, j’en ai parfois eu des frissons, je rends grâce à Dieu pour ce qu’il a fait dans ta vie ! En union de prière avec toi, Sébastien.

  2. Très beau témoignage
    J’aime toujours autant lire tes témoignages
    Sur Dieu, sur ce qu’il a fait, pourquoi ? Je sais pas
    Mais contrairement à d’autres articles, j’aime lire quand tu parles de Dieu

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.