
de Philippe Claudel.
Arrivé à la fin de sa vie, Monsieur Linh perd tout. La guerre lui enlève son fils et sa belle-fille. Il ne lui reste que sa petite fille, Sang Diû, qu’il serre fort contre lui. De son pays, il ne lui reste que ses souvenirs et une poignée de terre noire cachée dans un petit sac de toile. Pour sauver l’unique survivante de sa famille, il quitte tout et se retrouve dans un pays qu’il ne connait pas. Les sons, les odeurs, les saveurs ne lui disent plus rien. Désormais, sa seule raison de vivre c’est de protéger Sang Diû. Pour elle, il sera fort. Pour elle, il se battra, restera en vie, il affrontera le froid et les sourires des passants quand il promène sa petite fille. Au milieu de ses visages hostiles ou profondément indifférents naîtra l’amitié la plus improbable. Sur un banc, Monsieur Bark lui parle de sa voix grave dans une langue qu’il ne comprend pas. Quand les regards et les gestes en disent plus que les mots, les liens les plus solides se construisent ….
Dans un style dépouillé, Philippe Claudel nous peint une histoire touchante d’amitié. La mort, l’incompréhension et le déracinement y côtoient les sentiments les plus nobles, ceux où le jugement de l’autre ne passe pas par ce que l’on voit mais par la beauté de l’âme. Les souffrances se croisent et s’échangent et les cœurs blessés s’avouent leur tourmente.
C’est un livre qui se lit rapidement, il n’est pas très long et le style est simple (mais pas simpliste). Des personnages et des lieux, nous n’en sauront que très peu. L’histoire se centre sur l’arrivée de Monsieur Linh et sa rencontre avec son nouvel ami.
J’ai parcouru ce roman agréablement, mais avec ce goût amer d’avoir découvert la révélation finale dès les trente premières pages. Cela n’empêche pas de savourer les phrases et les mots, mais la lecture en perd tout de même de sa saveur.
Certaines répétitions et insistances plombent ainsi le récit, et les indices parsemés au gré des chapitres m’ont paru tellement prononcés et malhabiles qu’il me tardait d’arriver à la conclusion.
Néanmoins, c’est un livre intéressant, et au delà de ce petit « twist final » il y a beaucoup plus. L’auteur n’aurait pas du tout miser là-dessus tant ses personnages sont attachants. Il ne m’en restera pas un souvenir impérissable, mais toutes les lectures ne peuvent y prétendre. Celle-ci aura au moins le mérite de nous faire réfléchir et, qui sait, de regarder d’un autre œil les âmes échouées sur les écueils de la vie.
21 mars 2011 à 18 h 53 min
J’aime bien les style concis, simple, un peu dépouillé en effet…
Ça nous change du Claudel emphatique des âmes grises
21 mars 2011 à 19 h 06 min
Je n’ai pas fini « Les âmes grises », pas réussi à le terminer …
Concernant ce livre, le seul reproche est pour moi le fait de vouloir cacher une révélation finale apportée avec beaucoup trop de lourdeur pour qu’on ne la devine pas avant.