Heavy Rain

Heavy Rain

déc 28, 2010
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Elevé par un grand nombre de sites et de magazines spécialisés comme l’une des premières expériences réussie d’osmose entre le troisième art et le jeu vidéo, « Heavy Rain » est une expérience vidéo-ludique intéressante sur bien des aspects, mais loin de la révolution annoncée.

Je l’avoue, je suis davantage intéressé par le cinéma que par le jeu vidéo. C’est donc tout naturellement que je me suis empressé de tester (et terminer) ce jeu. Le générique d’introduction démarre et me donne une bonne impression. Je comprends que la cinématique est terminée uniquement par l’immobilité du héros. Je prends en main la manette et commence à me balader avec le personnage fraichement réveillé. Je lui fait prendre une douche, s’habiller et retrouver sa famille. L’impression de luminosité est superbe, les visages masculins sont vraiment réussis, tandis que ceux des héroïnes sont beaucoup moins convaincants.

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Quelques minutes plus tard, arrive la scène qui marque un tournant dans le scénario du jeu. Notre héros, Ethan Mars, architecte et père de famille, va perdre son enfant lors d’un accident. Le rythme est certainement ce qui fait le plus défaut dans le jeu vidéo face au cinéma. En effet, pour cette scène par exemple, on passe plus de cinq minutes à courir après le gosse dans les dédales d’une zone commerciale. On peste après le sale mioche qui n’écoute rien et on comprend ce qui va arriver.

Tout de suite après, gros changement d’atmosphère. On se croirait dans « Seven », dont le jeu s’inspire énormément. Il pleut à seau et l’on incarne cette fois-ci un tout autre personnage. Durant le jeu, vous incarnez plusieurs personnages à de multiples reprises : Ethan Mars, notre père de famille éploré et désormais divorcé, Norman Jayden, un profiler du FBI, Madison Paige, une journaliste et Scott Shelby, un détective privé.

Pour qu’un film fonctionne, il faut que l’on puisse s’attacher aux personnages. Ici, le travail est plutôt réussi pour la plupart. Mention spéciale à Scott Shelby et Ethan Mars. Leurs émotions sont plutôt bien retransmises et le doublage assez bien foutu. Reste les mouvements et les poses qui sont parfois surréalistes. Lors d’un déplacement par exemple, c’est le buste du personnage qui tourne en premier, entrainant ensuite les hanches et les jambes. On a l’impression de voir Gad Elmaleh lors de certains de ses sketchs.

Certains détails plombent également l’univers graphique, les pages de papier qui restent droites comme du carton, etc, mais dans l’ensemble, j’ai plutôt été emballé par l’ambiance du jeu. Quelques niveaux sont plutôt ennuyeux, comme celui où, incarnant Scott Shelby, vous devez changer et nourrir un bébé. Ça sent le remplissage ça …

Au fil du jeu, les décisions que vous ferez prendre aux héros du jeu et votre réussite lors des épreuves auront une influence sur le déroulement du scénario. Les changements sont minimes et influeront principalement sur la toute fin. En gros, soit vous aurez une super happy-end, soit, au contraire, cela pourra devenir très glauque. Vous pourrez d’ailleurs, une fois la partie entièrement terminée, essayer d’autres trames scénaristiques.

Les quelques défauts cités ci-dessus ne m’ont pas tant gêné que ça pour être honnête. Par contre, ce sont quelques invraisemblances et trous du scénario qui m’ont vraiment déplus (dont je ne parlerai pas pour ne pas spoiler ceux qui ne l’auraient pas encore essayé).

N’ayant pas sous la main de manette Move (j’ai testé le jeu avec une PS3), je ne sais pas si elle change considérablement l’expérience de jeu. Cela dit, avec les manettes traditionnelles, certaines actions réclament d’avoir six doigts à chaque main. Est-ce pour que l’on puisse mieux s’intégrer dans le jeu et ressentir la souffrance des personnages ? Peut-être. En tout cas, la prise en main est plutôt agréable, et, même pour moi qui ne suis pas un gamer fou et qui aime me balader dans les différents niveaux, le jeu m’a occupé une douzaine d’heures environ. Il m’a rappelé l’adaptation en jeu de « Blade Runner », c’était en 1997 (ouch !). L’expérience se voulait vraiment rapprochée d’un film (et pour cause) et le scénario était vraiment béton (et pour cause, une fois de plus).

Au final, le jeu m’a tenu en haleine, une fois le tueur démasqué j’ai ressenti un grand vide dans le scénario (un peu comme lors du final de Lost où l’on se dit : « tout ça pour ça ! ») mais l’univers vaut la peine qu’on s’y attarde.


A propos de l'auteur

Stéphane

Formateur, graphiste, animateur multimédia et musicien sont mes principales activités, mais "touche-à-tout", curieux et passionné sont certainement les mots qui me définissent le mieux. Le Web, le print, la vidéo et la musique ne sont finalement que des prétextes pour mieux exprimer ma créativité.

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